Le séisme en Turquie

19/04/2023

Le 6 février 2023, plus de 50 000 personnes sont décédées en Turquie et en Syrie lors du violent séisme qui a frappé le sud-est de la Turquie ainsi que le nord de la Syrie. Le dernier bilan turc, fourni par l'Agence publique turque de gestion des catastrophes, est de 50 325 morts du séisme et il y aurait au moins 105 000 blessés.

Il s'agit du séisme turc le plus colossal depuis celui du 17 août 1999, qui avait engendré le décès de 17 000 personnes, dont un millier à Istanbul.

António Guterres, le secrétaire général des Nations unies, a affirmé le 9 février 2023 dans son allocution d'ouverture à la presse, que ce double séisme est « l'une des plus grandes catastrophes naturelles de notre temps ». A fortiori, le 14 février 2023 au même titre, l'Organisation mondiale de la santé décrit ce séisme comme étant le « pire désastre naturel en un siècle » à toucher un pays de la zone européenne.

Le séisme aurait atteint une magnitude d'au moins 7,8 sur l'échelle de Richter provoquant ainsi une faille de plus de 100 km. La zone de dégât est donc très grande, provoquant ainsi la colère des citoyens et de vives réactions.

Les experts et les civils accusent de vive voix le gouvernement de Recep Tayyip Erdoğan d'être responsable de ces décès et de ne pas avoir réussi, en deux décennies de pouvoir, à préparer le pays à cette catastrophe prévisible, critiquant également la corruption des promoteurs immobiliers. En effet, la responsabilité de certains constructeurs, qui ont utilisé des matériaux de mauvaise qualité ou qui n'ont pas respecté les normes, est dénoncée dans les médias turcs.

De ce fait, plusieurs promoteurs ont été arrêtés dès les premiers jours qui ont suivi le séisme. A ce titre, selon le ministre de l'Intérieur turc Suleyman Soylu, les autorités turques ont effectué 564 enquêtes visant des promoteurs et des entrepreneurs dont les immeubles se sont effondrés depuis le séisme.

Cet événement n'était pas imprévisible, en effet la situation géographique de la Turquie se prête à ce genre de catastrophe naturelle. Il est ainsi possible de se demander si dans l'avenir il sera possible de gérer ces catastrophes qui vont s'avérer de plus en plus nombreuses… et si tel est le cas quelles sont les mesures concrètes qui pourraient être prises afin de protéger les civils.

La Syrie quant à elle, toujours sous le coup de nombreuses sanctions internationales, est à l'heure actuelle divisée en deux parties : l'une sous contrôle du président Bachar Al-Assad et l'autre toujours sous contrôle des rebelles. Le pays est en proie à une grave crise aussi bien humanitaire qu'économique et sécuritaire, 90% de la population vit sous le seuil de pauvreté. Ces sanctions ont pour effet que l'aide internationale, notamment occidentale, peine à arriver sur le territoire, s'ajoute à cela des difficultés d'accès à certaines zones. Par ailleurs, de nombreux pays européens refusent d'apporter directement leur aide au gouvernement Syrien. La population est en colère et demande la levée des blocages diplomatiques protestant qu'il est primordial de séparer la politique de l'humanitaire. D'importants besoins en appareils médicaux se font sentir et il est difficile de les importer en raison de ces sanctions, bien que ces équipements en soient officiellement exemptés. Pour les zones sous contrôle rebelle, l'approvisionnement s'avère d'autant plus compliqué. Faycal Moqdad, ambassadeur Syrien aux Nations Unies a cependant promis que les dons iraient "à tous les syriens sur tout le territoire", assurant ainsi que la population sur ces zones bénéficierait de toute l'aide possible.

Malgré le fait que la Turquie a été bien plus sévèrement touchée par le séisme, le nord-ouest de la Syrie a néanmoins décompté des centaines d'immeubles détruits ou devenus inhabitables en raison du séisme, provoquant ainsi des milliers de sans-abris.

Cette importante secousse a touché environ neuf millions de personnes, parmi elles, 1,7 million de réfugiés Syriens qui ont fui leur pays vers la Turquie en raison du conflit armé qui sévit depuis 2011. En effet, la Turquie accueille plusieurs millions de réfugiés Syriens depuis lors. Dans la province turque d'Hatay, les réfugiés syriens ne représentent pas moins de 20% de la population, le séisme a provoqué chez eux de nombreuses victimes.

L'Organisation des Nations unies (ONU) a donc fortement encouragé la communauté internationale à prendre la mesure de cette catastrophe : accélérer l'installation dans d'autres États des réfugiés Syriens qui se trouvaient dans les zones particulièrement impactées par le tremblement de terre en Turquie. L'objectif est de limiter la pression des communautés locales dans la prise en charge de ces réfugiés puisqu'elles ont elles-mêmes été fortement impactées par le séisme.

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